Spontané dans l’instant
L’Éveil est spontané. Cela ne signifie pas qu’il nous faut attendre ou rechercher un “événement spontané”. La spontanéité est celle de l’instant qui s’actualise de lui-même. Nous sommes indissociables de cette instantanéité. Invariablement, nous la vivons. Par conséquent, c’est à ce corrélat que nous nous éveillons. Nous reconnaissons que tous les décalages, les contretemps, les autres temps n’étaient qu’imaginaires. Parce que nous les assumions, notre spontanéité n’était pas reconnue. Elle aussi était perçue comme un temps relatif parmi les autres.
Si vous faites des efforts pour Être spontané, ces derniers ne vous aideront pas. Vous ne produirez qu’un simulacre. La spontanéité n’est pas la nôtre. Elle est celle de la vie à laquelle nous appartenons. Comprenez que c’est “quelque chose” en vous qui n’est pas vous et qui vous oriente à contresens ! C’est la volonté et la logique à laquelle vous obéissez qui vous entrainent.
Dans cette vie, alors que nous croyons être le chasseur, en fait, nous sommes le gibier. Nous croyons dominer, mais différemment, nous le sommes par notre conditionnement. Celui-ci est bien ancré, car nous ne le remettons pas en cause. Au contraire, nous le préservons, tel un taulard qui graisse ses chaînes pour qu’elles ne rouillent pas.
Ce que nous considérons être notre volonté ne l’est pas. Elle est celle d’une réaction permanente et inconsciente. Si cela était inexact, nous ne chercherions pas à courir, à fuir les situations pour nous donner la sensation d’être libres. Directement, nous accueillerions ce sentiment dans la fraîcheur de l’instant dont nous sommes indissociables. Nous le goûterions dans le renouveau permanent ainsi qu’à travers la liberté propre à notre Esprit. Satisfaits, nous délaisserions celle qui est éphémère et qui s’exprime seulement dans un état ou dans un contexte particulier.
Parce que l’instant est spontané, nous le sommes également. Il ne peut pas en être autrement ! Par conséquent, jamais nous ne le deviendrons. C’est notre personnage qui, dans son ignorance, ne le constate pas. Si nous acceptions de voir le monde dans sa vérité, nous reconnaîtrions son achèvement ainsi que le nôtre. Aussi, nous n’aurions plus besoin de tenter de l’améliorer et de nous parfaire à travers un rôle et des exigences que nous nous sommes assignés.



