Se resituer en la Source

La vision directe n’est pas à “faire”. Comprenez que, si elle est “directe”, elle opère déjà en nous. C’est en cela qu’il nous revient seulement de “l’adopter”. Cependant, jusqu’à ce que nous ne l’ayons identifiée et reconnue comment elle survient, il nous est impossible de nous y relier.
La qualité réfléchissante du miroir vient avant l’apparition des réflexions en lui. Si nous l’orientons différemment, les réflexions changent, alors que son pouvoir miroitant demeure. De même, la clarté de l’Esprit invariablement précède les pensées et tous nos états mentaux. La “vision directe” représente cette clarté naturelle et continuelle inhérente à l’Esprit.

De la même façon que le poing ne peut pas trouver la main, la pensée ne peut pas trouver l’Esprit. La forme ne peut pas obtenir le fond à moins qu’elle ne s’ouvre en celui-ci. Entre l’un et l’autre, il n’existe aucune séparation. Il en va de même des faces recto et verso qui font partie intégrante de la même médaille. C’est de déjouer la dualité ainsi que l’idée d’une division réelle, qui fait que nous nous éveillons. L’unicité fondamentale autorise toute la multiplicité et la diversité. Dès lors que nous cessons d’ignorer la base commune à toute manifestation, et, qu’au contraire, nous choisissons d’en être conscience, toutes formes de séparations se trouvent abolies.

Voir directement signifie voir depuis la Source. Il s’agit de la vision spontanée et légitime. L’appropriation de cette vision se fait par le personnage à travers sa saisie mentale. C’est ainsi que l’illusion se superpose au réel, tels les reflets sur l’eau. Ce n’est qu’un voile d’idées. Cependant, c’est ce dernier qui parvient à nous captiver.
Afin de nous défaire de cette fascination mentale, nous n’essayons pas de la contrer dans son expression. Nous parlons “d’adopter” la vision directe. Cela consiste à revenir en Soi, à la Source, là d’où elle jaillit, avant l’apparition de la pensée discursive. En amont de tout mouvement de l’esprit, nous nous resituons en la clarté première et inconditionnelle de la conscience.

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