Le faux vrai et le faux théorique

L’évidence du faux est probablement ce qu’il y a de plus libérateur. Aussi, tant que nous ne l’avons pas éprouvée, nous continuons de lui accorder une valeur. Nous le prenons en compte et maintenons le fait d’y croire. Pour autant, sommes-nous réellement disposés à nous laisser atteindre par l’évidence ? Cette dernière, n’est-elle pas restée toujours visible ? Alors, que protégeons-nous en refusant de la voir ? Serait-ce notre conception du monde et celle de nous-mêmes ? Serait-ce l’illusion du rêve précis dans lequel nous sommes ? Finalement, combien voulons-nous de la vérité ?

Comment, en restant faux avec soi-même, espérons-nous être confirmés par la vérité ? Nous persistons à jouer avec le miroir de notre conscience. Comme tout miroir, celui-ci ne renvoie que notre seule image. Ce n’est pas celle-ci qu’il s’agit de regarder. C’est l’existant. C’est la source, le miroir même ! La conscience n’est pas comme un objet face à nous. Elle est la lumière qui s’éclaire elle-même infiniment.
Il n’y a pas d’ombre séparée de la lumière. Il n’y a pas de vérité séparée de nous. Le faux dans lequel nous pensons être n’est pas réel. Lui-même est faux. De vrai, ne brille que la lumière qu’il ignore.

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