La vague qui cherche l’océan

L’Esprit de vérité est premier et spontané en nous. Il est la nature et l’essence de tout ce qui existe. Il est pareil au sable d’une plage, déjà présent, avant que l’on y crée des formes et que l’on y bâtisse des châteaux. Malgré la diversité et la particularité de ce que représentent nos constructions, elles ne sont que du sable. Elles en sont les manifestations.

Nous-mêmes sommes une forme, une expression de l’Esprit premier. Notre aspect solide et concret ne nous en sépare pas. Nous en sommes une cristallisation, une incarnation. Cependant, parce que nous apparaissons sous une entité propre et autonome, nous croyons être différents et dissociés. En vérité, sur le plan de notre nature essentielle, nous restons semblables et unis.

L’illusion, c’est que nous soyons convaincus du contraire. Aussi, quand bien même nous restons une forme issue de la vérité, nous la cherchons comme un état ou une qualité séparée de nous. Nous restons dominés par notre identité relative. Alors que forme et fond sont inséparables, nous nous reconnaissons plus de l’un que de l’autre.

Ne sachant parler que le langage du relatif, nous présumons comprendre celui de l’absolu en conservant notre langue. Nous sommes tellement identifiés à notre vision conceptuelle, que nous ne jurons que par elle. Qu’importe ce que nous déclarons et tentons de nous convaincre par de belles théories, en réalité nous ne voulons pas du monde libre ni de la vision infinie qu’il nous procure. Nous préférons notre regard habituel, borné et limité, dicté par nos règles arbitraires et imaginaires.

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