La nature absolue de l’Être
Enfants, nous aimons animer nos figurines. Nous leur donnons un nom, une fonction, un rôle. Puis, par le jeu, nous prêtons un semblant de vie à nos petits personnages en plastique. Une fois lassés, nous les abandonnons parterre. Nous les laissons tout aussi inanimés qu’avant de commencer.
C’est quelque chose de similaire que nous mettons en scène avec notre Être. Alors que celui-ci existe par lui-même, nous l’animons de notre volonté. Nous pensons en faire quelque chose de particulier. Pourtant, dès lors que nous cessons d’y jouer, il se retrouve comme avant, sans garder trace du jeu que nous lui avons insufflé.
Le fait d’être n’est pas issu d’un “faire”. Nous “Sommes”, nous existons avant toute entreprise. Pourtant, nous agissons et faisons comme si cela pouvait changer notre Être. Si cela réussit à changer quelque chose, c’est l’idée que nous avons de nous-mêmes. Cependant, nous ne sommes pas nos idées éphémères. Nous sommes la nature absolue de l’Être. Nous venons au monde et le quittons avec celle-ci. En réalité, nous n’avons rien d’autre tout au long de notre vie terrestre. Bien que nous soyons égaux sur ce plan, tous, nous avons beaucoup de difficulté à l’admettre. Nous n’entendons pas que l’être est premier, et qu’il n’est en rien une conséquence.
À travers tout nos “faire”, malheureusement, nous nous dissimulons l’évidence. Plutôt que de permettre qu’apparaisse plus de vérité dans notre vie, nous continuons de la dissimuler. C’est exactement ce qui se passe avec le silence, qui n’a besoin de personne pour se manifester. En cela, c’est comme si nous percevions une gratuité, une spontanéité qui nous devance, qui du coup, nous est insupportable. Mais pour qui ça l’est-il ? Ça l’est pour notre personnage, ou encore celui-là, qui croit devenir existant en s’animant par son propre jeu.



