La compromission avec l’illusion
Le miroir ne s’implique pas dans ses propres reflets. Notre conscience ne fait pas cela non plus. Pourtant, notre personnage ne manque pas de se compromettre mentalement avec ce qu’il vit. En quoi le fait de se mêler avec les situations, les gens, les affaires, les différents problèmes lui apporte-t-il un plus et améliore ceux-ci ?
Nous créons une illusion, ou adhérons à celle qui existe, puis nous nous impliquons avec elle. Quel en est l’intérêt ? Alors que le miroir de l’Esprit demeure libre des surgissements en lui, nous nous mixons à nos pensées. Nous nous laissons pénétrer, envahis par les avis, les sentiments qu’elles nous inspirent.
Nous avons pris l’habitude de nous impliquer, pour autant la vérité de notre Être ne se compromet pas. En réalité notre compromission ne représente qu’une projection. Quoiqu’il se passe, nous gardons une neutralité, une indépendance. Cependant, nous choisissons de l’éluder. Alors que nous restons libres, nous voulons croire que nous ne le sommes pas. Nous devons bien comprendre que le fait de s’impliquer est virtuel. C’est une chose qui n‘est pas réel.
Celui qui ne se mêle pas avec les situations, pas plus qu’avec ses propres pensées et ses émotions, vit un détachement naturel. Il conserve sa liberté et sa paix intérieure. Il est en lui-même son propre but. Ce n’est plus au travers de batailles et de conquêtes qu’il attend une satisfaction. Aucun bonheur ne nous comble vraiment aussi longtemps que nous restons divisés et privés d’unité en notre être.
Nous ne connaissons pas de véritable délivrance sans celle que nous trouvons en nous-mêmes. Par contre, de réaliser la liberté liée à notre Esprit permet d’ouvrir les différentes circonstances de la vie dans lesquelles nous sommes contraints. Notre libération intérieure supplante les limitations et les enfermements relatifs. Elle est celle qui nous accompagne en tout lieu et toute situation. Nous seuls détenons le pouvoir de nous en priver.



