Contempler la grandeur de l’Esprit

Contempler, c’est accueillir et adhérer à la grandeur, à l’infini qui règne en notre Esprit. C’est comme traverser une immense forêt constituée d’arbres démesurés. L’imposance du gigantisme nous laisse stupéfaits et sans mot. Il nous permet d’éprouver son insondable ampleur. Contempler, c’est se sentir dilaté, dépourvu de tout contour pour nous définir.

Contempler, ce n’est pas rechercher un état particulier. C’est, en tous ceux que nous vivons, reconnaître la Source originelle. Tous les états sont relatifs et destinés à changer. Les variations et la nouveauté qu’ils expriment peuvent nous paraitre séduisantes. Pourtant, ce qui est bénéfique et qui nous satisfait durablement nous est transmis par leur nature identique et constante.

Contempler, c’est vivre la nature indéfinie de l’Esprit. C’est devenir cette grandeur et cette liberté. La raison de l’homme fait qu’il se borne lui-même sans vrai motif. C’est comme par peur de se perdre dans l’immensité. En fait, ce n’est pas l’immensité qui le perd, mais la peur elle-même. Nous vivons notre existence tenue par le pourtour d’un camp imaginaire.

Nous nous croyons libres, alors que nous sommes enfermés dans des routines à la fois physiques et mentales. Nous cherchons à nous contrôler nous-mêmes, tel que nous le ferions pour un animal sauvage. Nous craignons ce que nous pourrions être capables de faire. Aussi, nous croyons que nous devons nous lier moralement pour mieux nous contenir.

Nous sommes des êtres pétris de symbolique. Nous ne réalisons pas combien les mots que nous utilisons sont porteurs du pouvoir que nous leur donnons. À travers nos jugements, ils deviennent plus solides que l’acier de vraies chaînes. Pourtant, ce ne sont que des paroles, des pensées silencieuses. C’est de ce pouvoir contre nous et les autres dont nous devrions nous méfier.

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