L’Absolu du relatif
L’Esprit est vaste. Il est tel un ciel en nous qui nous accompagne. Il est une ouverture que rien ne réduit. Il est notre réel chez-soi. Bien que les pensées ne soient pas l’esprit, ce sont elles que nous retenons. Aussi, ne voyant que les formes évanescentes, nous manquons l’éternité en laquelle elles apparaissent.
Le fait de favoriser la temporalité plus que la durabilité n’est pas sans conséquences dans notre vie. En nous, cela ne produit pas les mêmes effets. Depuis toujours, nous sommes la Grandeur de l’absolu, et non son expression relative et impermanente. Aussi, n’en tenant pas compte, nous subissons une existence limitée et dépourvue de pérennité.
Certains parmi nous veulent croire en une vie éternelle après la mort. Cependant, cette seule croyance ne les détourne pas concrètement des lois ni des aspirations propres à l’éphémère auxquelles ils se plient. L’éternité à laquelle ils aspirent est déjà leur. Infructueusement, le fait de continuer de la rechercher ne fait que les en détourner.
C’est pourtant un simple changement de regard qui nous permet de nous y relier. L’absolu et l’éternité ne sont pas à gagner ou à obtenir comme le sont les objets du monde relatif. Ils en sont le fondement et la nature. Dans le ciel, que regardons-nous, l’espace ou les nuages ? Dans notre esprit, que retenons-nous, son ouverture ou le surgissement des pensées ?
Notre inclination à ignorer l’origine et l’essence de ce monde, finalement, nous en prive. C’est ce qui nous incite à reporter et à réduire notre intérêt au seul niveau des formes et des apparences. L’éternité est présente ici même au milieu de nous et du monde incarné. Elle n’est pas dissimulée. Elle n’est pas à mériter ! De nous seuls dépend le désir de la rencontrer et de la privilégier.



