Basculer dans le “live”
Passer dans le “live” signifie se brancher directement sur le vivant. C’est mettre sa conscience ouverte et nue dans le jaillissement de l’instant présent. Ce qui nous fait adopter la vision directe, mais qui nous propulse également dans le flux vital de la Source. C’est une sensation très énergétique, comme une accélération. Alors que d’ordinaire nous fonctionnons peut-être à 60 %, d’un coup, par cette bascule, nous passons à 100 %. D’emblée, nous ressentons la force d’être pleinement animé par le vivant.
Dans le “live”, nous ne gardons rien pour nous. Pareilles à une flamme, nous nous consumons entièrement sans retenue, sans économie égocentrique. En cela, il n’y a plus d’observateur ou le besoin d’exercer une surveillance extérieure. À l’inverse, nous sommes tel un fer de lance. Nous sommes telle une épée pointée en avant qui pourfend.
Comprenez que ce n’est pas nous qui produisons tout cela. Par conséquent, nous n’avons pas à être concentrés ni à maintenir un état particulier. Notre part consiste seulement à sauter dans le torrent de vie. Ensuite, c’est celle-ci par son énergie qui nous porte et nous conduit à son unisson. Aussi, plus nous nous laissons porter, plus nous le sommes et participons de sa vitalité et de son renouveau. C’est comme se sentir entrainé par le rythme d’une musique.
Passer dans le “live”, ce n’est pas adopter une posture. C’est se réveiller au renouveau de l’instant. Le résultat est immédiat. C’est un peu comme dénouer un tuyau souple, qui soudainement libère le passage de l’eau. Cela impacte aussitôt notre énergie et, par conséquent, produit divers effets sur notre comportement. Le mental se trouve naturellement pacifié. Nous ne ressentons plus d’ennui. À l’inverse, nous sommes pleins d’entrain. L’énergie qui nous traverse suffit à nous satisfaire et à nous mettre en joie.
En proie à l’illusion, notre esprit est comme en repli sur lui. La pensée se regarde elle-même. Le personnage est l’expression d’un narcissisme, d’une boucle maintenue par le récit qu’il se raconte. Aussi, c’est de basculer dans la présence vive de l’instant qui l’ouvre et fait qu’il s’en libère. Tant que nous n’avons pas plongé dans le “live”, nous n’avons pas idée que nous ne sommes pas réellement vivants, ni nous-mêmes. Nous sommes toujours à rêver et à penser notre existence, au lieu d’être éveillé et vibrant de vie.



