ENTRER DANS LE VOIR
L’illusion de laquelle nous nous libérons ne se rapporte pas à la question de savoir si le monde existe réellement ou pas. Elle concerne uniquement l’interprétation, la lecture subjective que nous en avons.
Il n’y a pas d’illusion en tant que telle, mais celle qui concerne chacun. Ainsi, nous nous éveillons à la réalité du “tel que c’est”, à la perception directe et non mentalisée, pareille à celle de nos yeux. Nous réalisons, que, dans cette existence, nous n’avons pas besoin de penser le monde, de le comprendre par le biais de concepts tels qu’on nous l’a appris. Il nous suffit de le “voir” et de le vivre de façon “nue”.
Cette “vision” que nous retrouvons n’est pas issue d’une théorie. Elle n’est pas non plus le résultat d’un quelconque entraînement psychologique ou spirituel. Elle est celle qui surgit par défaut. Celle, qui a toujours été présente, mais que nous avons occultée. Elle est le “regard premier” et auto-existant lié à notre conscience. En nous, il réapparaît naturellement, dès que nous cessons toute activité du corps et de l’esprit.
Sachant qu’il existe, qu’il n’est pas à gagner ni à obtenir, il nous revient seulement de lui redonner sa place. Nous savons penser le monde et cette vie, maintenant, il s’agit de la “Voir” en autorisant tout en favorisant le “regard premier”. Bien que celui-ci soit spontané, il nous demande une sobriété afin d’en bénéficier. Il ne nécessite pas que nous essayions de le “faire”, mais que nous accueillions sa primauté. Cela revient à ressentir la base élémentaire qui nous porte, le sol sur lequel nous marchons et déployons toutes notre activité.



