De l’explicité à l’implicite
Illusionnés, nous préférons voir les formes, plutôt que reconnaître l’unicité d’où elles proviennent à la base. Pourtant, toutes partagent la même nature. L’ignorant, nous les opposons, comme si nous dressions entre eux les membres d’un même corps. C’est pour cette raison que nous sommes autodestructeurs, en pensant régler une adversité là où il n’en existe pas. Comprenez que le fait de persister à agir dans ce sens ne peut pas nous aider. Au contraire, car, malgré nos efforts, nous ne faisons qu’entretenir notre illusion au lieu d’y mettre un terme.
Forme et fond sont inséparables comme les deux faces d’une médaille. Par conséquent, rien n’est manquant ou dissimulé. Bien qu’il s’agisse d’un même tout, mentalement, nous opérons une sélection. Nous voulons voir et garder l’aspect qui nous intéresse. Ainsi, notre vision devient partielle. Afin de ne pas nous entêter dans le domaine explicite du relatif et de la forme, il est nécessaire que nous ouvrions notre angle de vue. Il nous incombe d’aborder notre situation à partir du domaine implicite de l’absolu et de l’essence.
À travers notre conditionnement basé sur la raison, nous avons appris à regarder le monde sous le seul angle du matérialisme. Nous pensons que le monde n’est constitué que de formes auxquelles nous avons associé un nom. Cependant, toutes ses formes ne sont pas dessinées ni définies par elles seules, mais par l’espace infini qui les entoure.



