Être vrai
Il ne s’agit pas de “comprendre”, mais il s’agit d’être vrai ! Ce n’est pas de “compréhension” dont nous manquons, c’est de vérité. La Vérité est constamment présente dans toutes les situations que nous vivons. En fait, nous sommes à maintenir le refus mental de celle-ci, dans l’intention de mieux nous valoriser par notre “comédie”. Aussi, ce n’est pas d’approfondir notre intelligence qui va nous révéler la vérité ; c’est de ne plus nous mentir. C’est de ne plus nous cacher derrière de faux manques et de faux besoins. Le mouvement de la compréhension n’est pas celui de l’adhésion au “vivant”. L’adhésion ne s’effectue pas à travers d’une quelconque “saisie”, mais par notre seul abandon.
Être vrai, c’est être celui que nous sommes fondamentalement, naturellement, réellement, avant toute allégation, toute entreprise. Ce n’est pas s’inscrire dans un devenir avec l’objectif d’être un autre, comme une meilleure version de nous, ou d’atteindre un état particulier. Si nous acceptions d’être seulement nous-mêmes, “soi-même”, en un instant, nous aurions épuisé tous nos buts illusoires sans devoir les entreprendre. D’un coup, nous aurions rejoint ici même notre destination sans avoir à parcourir la moindre distance.
S’il n’y a pas “deux”, pas de dualité, il n’y a pas non plus de distance. Il n’y a pas de va-et-vient avec nous-mêmes ou des états. Invariablement, c’est “nous”, la même personne, qui les expérimente tous. Lorsque l’on dit, c’est une illusion, ça veut dire que ce n’est pas vrai !! Alors… Pourquoi continuer avec elle étant donné qu’elle n’est pas réelle ? Dans tous les cas, la Vérité est vraie ! Cela n’est pas théorique ! Le faux ou le mensonge, n’est qu’une vue, qu’une projection du mental.
La Vérité n’a pas une “non-vérité” avec laquelle alterner. Il n’existe pas de non-présence, de non-espace ou de non-soi. Tous ces opposés ne représentent que des idées que l’on exprime ici dans l’unique et vraie Présence. C’est seulement notre imaginaire qui s’invente des contraires avec lesquels nous pourrions alterner. Cependant, la vérité de l’instant se proclame éternellement, sans discontinuité. Au-dehors, comme en notre Esprit, elle demeure incessante.
La Vérité est comme le ciel. Elle englobe tout. Aussi, nous ne pouvons pas dire qu’elle est ici ou qu’elle est là. En fait, il n’y a qu’elle. Par conséquent, elle ne devrait pas être dure à trouver. Bien que nous soyons en elle et elle en nous, illusionnées, nous ne parvenons pas à voir que nous en sommes inséparables. Nous pensons n’obtenir d’elle que des expériences succinctes. Vivre “en vérité” ne repose pas sur une expérience ni sur le fait de maintenir un état. En fait, cela ne relève pas de la moindre obtention de notre part. Si, par notre nature, nous sommes vrais, nous n’avons pas besoin d’un ajout de vérité. C’est dans les propos que nous nous servons mentalement que nous élaborons des catégories et des contraires. Cependant, toutes ces notions font également partie de la vérité. Que nous entrions ou que nous sortions, que nous réussissions ou échouions, toute issue que nous empruntons est aussi vraie.
La seule vérité qui importe est celle de cet instant présent. Toutes les autres sont mentales. Elles ne sont que des idées que nous projetons. Cela nous rassure dans notre illusion et la conforte. Cependant, n’est-ce pas cette dernière que nous devons déjouer afin de nous libérer ? Plus nous assumons le réel de l’instant, moins nous nourrissons et consolidons notre rêve. C’est ainsi que diminuent son attraction et son emprise. Plus nous sommes vrais dans notre Esprit et dans la Présence, moins les discours trompeurs embrument notre discernement.



